Bonheur...

Bonheur...
Pépère Prévert, si beau, a dit :
"Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple".
Et voilà qu'une image, en passant, nous parle d'Amour et d'Impossible...

# Posté le samedi 21 novembre 2009 11:53

BALLADE VERS LA MORT, par VAL DE FOUAD

BALLADE VERS LA MORT, par  VAL DE FOUAD
Ballade vers la mort

J'ai quelques fourmis dans les pieds
Et ça ne s'arrête jamais
J'me promène
Je ne saurai prendre un instant
Pour contempler rien qu'une seconde
Le décor
J'ai la hantise de m'arrêter
Nul ne pourrait me faire stopper
Même la grêle
Je marche donc par tous les temps
Affrontant la pluie et le vent
De mes ailes
Je ne mange plus ni ne dors
Je passe tout mon temps dehors
Ca énerve
Tous les assis et mes parents
Qui me disent en me croisant
« Tu m'inquiètes
Si tu marches toujours ainsi
Tu vas bien y laisser ta vie
Pauvre petite
Regarde, tu n'as plus d'amis
Tu n'as plus l'ombre d'un mari
Qui t'attende »
Que voulez-vous que je réponde ?
Je continue mon tour du monde,
Inlassable
Et si je n'ai rien d'un poète
Le soleil brille sur ma tête
Chaque jour
Bien sûr y a quelque chose qui cloche
Je sens que ma fin est plus proche
Que prévue
Mes pas sont plus lents qu'autrefois
Je frissonne trop dans le froid
De septembre
Je suis encore jeune et pourtant
Je m'essouffle en escaladant
Les marches
Il y a si longtemps que j'ai
Mes milliers d'fourmis dans les pieds
Que j'm'balade
Je ne sais même pas pourquoi
Il fallait que ça tombe sur moi
Ces voyages
Je n'ai jamais su qui aimer
Sur quelle personne m'arrêter
En chemin
Je regrette bien quelquefois
De n'avoir pas d'homme avec moi
Un nomade
Qui aurait su tuer les fourmis
Et m'aurait couché dans son lit
Sans histoires
J'aurais respiré la chaleur
De son c½ur tendre sur mon c½ur
De sauvage
Et devant une cheminée
Il aurait posé sur mes pieds
D'la pommade
Il fallait y penser avant
Mon c½ur se meurt depuis longtemps
Sous la glace
Le grand froid va bientôt gagner
Les seules douceurs que j'avais
Dans ma glace
Mais jeune je suis si fatiguée
Je crois que j'ai bien trop usé
Mes godasses
Le vent m'a frôlée si souvent
Gentiment puis obstinément
Que j'm'efface
On ne voit maintenant de moi
Que deux ailes traînant dans le froid
De ma vie
Je n'ai plus d'yeux ni de sourire
Il ne me reste qu'à mourir
Sans une tune
Avant Noël dans les chaumières
Avant que toutes les lumières
Ne s'allument
Avant que sonne l'heure nouvelle
Je veux m'éteindre
Sans faire de bruit
Sous la lune.


# Posté le lundi 09 novembre 2009 11:55

Modifié le mercredi 18 novembre 2009 19:01

BALLADE VERS LA VIE

BALLADE VERS LA VIE
Ballade vers la vie

Je marche, je cours et je vole
Je couine, j'aboie et je miaule
A leur table
Je lape, je broie, je rumine
Je mabrouille, je dînore, je clapine
Je me marre
Ma famille dit que j'vais pas bien
Elle veut que j'aille voir le médecin
De campagne
Celui qui vit avec une chèvre
Une chèvre avec un bec de lièvre
De naissance
Moi j' veux même pas qu'il me touche
Il a une drôle de drôle de bouche
En cul d'poule
Moi je veux vivre dans mon pré
Pour hennir fort et gambader
Sans contraintes
Je veux picorer mes p'tits vers
Comme avant et ne pas m'en faire
A la ferme
Mon père veut m'faire enfermer
Mais peut-on jamais choper
La lumière ?
Je ne me laisserai pas avoir
Alors j'me cache dans le tiroir
D'la commode
Quand tout le monde est endormi
Je vais hurler toute la nuit
Dans la plaine
Au village on a peur du loup
Et moi ça m'amuse beaucoup
Leur belle trouille
Ma mère est désespérée
Elle aurait voulu me marier
A l'Antoine
Celui qu'a plein de champs partout
Et un gros furoncle dans le cou
Une horreur
Jamais je l'aurais épousé
Il a des morpions dans le nez
C'est un glauque !
Je suis bien trop belle pour lui
Il ne mérite pas ma folie
C't'imbécile
Moi je suis mariée au soleil
On est bien tous les deux pareils
On se aime
On illumine de nos feux
Les blés murs, l'eau et tous les lieux
De la terre
On se camoufle bien la nuit
Pour tromper l'homme qui nous suit
De sa haine
Dans le noir on est à l'abri
Quand on a trop peur nous on rit
Aux étoiles
Et lorsque revient le matin
Le c½ur léger, joyeux, mutin,
On s'dévoile
Le jour on peut rien contre nous
Car Dieu protège tous les fous
Sous son aile
Ils ont le c½ur tendre les fous
Ils ont ces yeux perdus, si doux
Qui réchauffent
Mes parents m'ont presqu'oubliée
Ils me laissent ainsi m'éloigner
De leurs veines
Personne ne vient plus trop me voir
J'ai cassé tous les vieux miroirs
Toutes les chaînes
Il ne reste à mon poignet
Qu'une pauvre montre cassée
Dérisoire
Mais peu m'importe l'heure qu'il est
Je respire pour l'éternité
J'en suis sûre
Je ne me cache plus nulle part
C'est bien fini tous les placards
Vos commodes
Je n'ai même plus peur de rien
Je suis grenouille, rat ou poulain
A ma guise
Je m'endors dans les pâquerettes
Et tous les jours moi on me prête
De beaux rêves
Pour me balader où je veux
Pour aller embrasser les Cieux
De mon âme.

# Posté le jeudi 05 novembre 2009 16:21

QUI SUIS-JE?

QUI SUIS-JE?
Femme-Fille ou Fille-Femme de 40 ans, telle je suis...Alice Roy dans un dessin d'Albert Chazelle, telle je voudrais être parfois, dans un monde où l'on ne meurt jamais parce que franchement, la mort, ce n'est pas sérieux ! Alice Roy dotée d'un zeste de Calamity Jane, d'un autre de Marilyn, d'encore un autre de Mata Hari, de Louis de Funes, de Maillan, d'Arsene Lupin, de Cyrano de Bergerac et des envies de chercher des trésors, d'écrire des chefs-d'oeuvres, de chanter sur scène, de faire le tour du monde tout en le sauvant au passage... Une fille-femme de 40 ans qui goûte le bonheur intense d'être mère pour la première fois cette année et qui ne rêve qu'à une chose en chantant des chansons à son petit garçon : redevenir l'enfant sublime qu'elle fut pour élever et accompagner son fils de la plus belle manière qui soit dans un monde pourtant pas des plus rigolos : avec panache et gaieté !

# Posté le dimanche 18 octobre 2009 02:41

Connaissez-vous Mata Hari?

Connaissez-vous Mata Hari?
Vous avez certainement en tête, à l'évocation du nom de Mata Hari, l'image en noir et blanc, assez caricaturale, d'une belle espionne de la première guerre mondiale envoyant des billets doux à l'encre sympathique... et terminant malheureusement sa vie bien trop jeune au pied d'un poteau d'exécution par un petit matin froid parce qu'espionner, justement, ce n'est pas si sympa et c'est un vrai métier (si l'on peut dire!).

Ce n'était pas le métier de Mata Hari : elle était danseuse. Et même cela, à la réflexion, elle ne l'était pas non plus. Elle était plutôt disons...enjôleuse et dans un certain sens, ça peut être un métier. J'ai ouïe dire d'ailleurs que l'on donnait un nom bien plus moche à cette activité-là...

C'est en regardant une évocation de sa vie dans un téléfilm que j'ai eu envie de mieux connaître cette femme. Elle était alors magnifiquement incarnée par Marushka Detmers et son parcours si singulier m'a intriguée tout de suite.

Etant une fille souvent excessive, je recherchais dons absolument tout sur sa vie comme je le fais à chaque fois que quelqu'un m'interesse (et je me retrouve avec des archives effrayantes en proportion, moi qui ne souhaite que vivre légère!).

Mata Hari, ancienne danseuse hindoue (elle était hollandaise) quand elle ne dansait point, faisait commerce de ses charmes essentiellement avec des militaires (elle adorait l'uniforme) et menait grand train de vie à travers l'Europe qu'elle parcourait au gré de ses contrats, de ses envies ou de ses amours.

Autrefois mariée à un vieux militaire avec lequel elle avait vécu aux Indes (d'où son inspiration pour la création de son personnage sur scène), elle avait perdu là-bas son petit garçon assassiné dans de sombres circonstances. Sa fille devait également lui être enlevée à la suite de son divorce et lorsque de Mme Mac Leod elle passa à Mata Hari (Oeil du jour en javanais) il semble qu'elle tourna définitivement le dos à son ancienne vie.

Accusée par la France d'espionnage pour l'ennemi et condamnée à mort pour la même raison, elle termina cependant son parcours la tête haute, clamant jusqu'au bout son innocence, au pied d'un poteau du fort de Vincennes en 1917.

Dire pourquoi cette femme me fascine est une chose impossible à faire et c'est sans doute le propre des fascinations que d'avoir une partie d'inexplicable.

Est-ce la part de mystère qui l'entoura toujours? C'est vrai, j'ai toujours rêvé pour ma part d'avoir cette part de mystère qui rend magique mais je n'ai jamais rien pu cacher de mes joies, de mes peines au point que c'en est parfois indécent de vérité!

Est-ce sa part de liberté, cette façon de disposer de son cul comme bon lui semble, avec légéreté en plus?

Cette part de liberté qui la mène où elle veut, quand elle veut à une époque encore où les femmes n'osaient même pas se promener “en cheveux” (sans chapeau) car cela donnait mauvais genre? Cette liberté de faire fi de ce que les bien-penseurs en disent...

Bon, ce n'est pas son attirance pour l'uniforme qui nous réunit, ça me donnerait plutôt de l'urticaire...

Et cet autre mystère encore : comment peut-on être si imprudent? Ivre de liberté n'en était-elle pas devenue complétement inconsciente? Ca me sidère. Quand je refais son histoire (je les refais presque toutes, je ne peux m'en empêcher!), je la fais évader de son grand hôtel, déguisée, afin d'échapper aux flics qui la suivent à découvert.

Elle échappe aux polices et refait sa vie crânement dans un autre pays, peut-être même sur une autre planète (mon imagination n'a pas beaucoup de limite) comme elle l'avait fait avec tant de cran en 1905, à Paris.

Recommencer sa vie à 30 ans, à une époque où c'était déjà vieux pour une femme, c'était drôlement couillu, passez-moi l'expression (je n'en trouve pas de meilleure qui convienne!).

Et puis sans doute suis-je fascinée parce que derrière son image de guerrière de la vie il y avait un regard si mélancolique ...

# Posté le dimanche 18 octobre 2009 01:52